samedi 9 février 2019

Le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l'égalité des chances

Branko Milanovic est surtout connu pour sa fameuse "courbe de l'éléphant", qui permet de visualiser clairement l'une des principales caractéristiques de la mondialisation des dernières décennies. Pour résumer : les personnes comprises entre les percentiles 70 et 90 de la répartition mondiale des revenus, c'est-à-dire grosso modo les classes populaires et moyennes des pays riches, ont été largement oubliées par la croissance mondiale des trente dernières années, qui a en revanche fortement bénéficié aux autres groupes, placés au-dessous et au-dessus d'elles, c'est-à-dire les ménages des pays pauvres et émergents (le dos de l'éléphant) et encore plus les ménages les plus riches des pays riches (le haut de la trompe). On constate, par exemple, qu'au cours de la période 1980-2016, les 1% les plus riches du monde ont capté 27% de la croissance mondiale totale du revenu, contre13% pour les 50% les plus pauvres. Autrement dit, le haut de la trompe concerne certes une faible part de la population, mais qui s'est approprié une part deux fois plus élevée que la part allant aux quelque 3,5 milliards de personnes formant la moitié la plus pauvre du monde.
Thomas PIKETTI, Préface du livre de Branko MILANOVIC, La Découverte, février 2019
Entretien avec Branko MILANOVIC sur France Inter dans "On n'arrête pas l'éco"  du 9/02/2019
et sur Arte dans "28 minutes" du 7 février 2019

QUESTION : Pourquoi les inégalités sont-elles dommageables ?

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