jeudi 20 décembre 2018

Etudier à Paris, du rêve au sentiment de "déclassement social"

Paris continue d’attirer des étudiants de toute la France, malgré d’importantes contraintes matérielles et, parfois, un sentiment de solitude et une perception de « déclassement » social.Les boursiers de l’enseignement supérieur peuvent avoir accès à un parc de 7 300 logements étudiants à Paris intramuros et 20 500 en Ile-de-France par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous). Mais, là aussi, les places sont chères car la demande dépasse largement l’offre.« Je vis avec une bourse du Crous de 550 euros par mois. J’en paye 430 pour mon logement étudiant dans le 13e arrondissement et 75 euros par mois de transport en commun, donc si on fait le calcul, le 5 du mois je suis déjà dans le rouge. Je me nourris essentiellement de pâtes, de riz et d’œufs », explique Dorian, étudiant en master de linguistique à l’EPHE venu de Toulouse, qui a décidé de se consacrer à la recherche et à l’écriture de son mémoire, sans avoir de « petit boulot à côté ».Pour d’autres, il suffit d’un critère pour que les portes du Crous se ferment. « Je suis boursier échelon 6 (environ 470 euros par mois) avec une mère au smic. Je n’avais d’autre choix que l’alternance, donc pas accès aux logements du Crous. Heureusement, ma sœur fonctionnaire a pu se porter garante », raconte cet ancien étudiant en alternance de l’université Dauphine. La situation est aussi tendue pour les enfants de la classe moyenne, « pas assez pauvres pour accéder au Crous et pas assez riches pour se loger dans le privé », comme le dit Théo, 28 ans. Un sentiment de déclassement social, voire de décalage, touche ces étudiants. « J’ai la chance d’avoir des parents qui me donnent le nécessaire pour vivre de manière correcte. Pour autant, je me suis rendu compte de la différence de niveau de vie à salaire égal entre Paris et la province », témoigne Margaux, 19 ans, étudiante, originaire de Dijon.

Marine MILLER, Le Monde, 13 décembre 2018

QUESTION : Sur quoi repose le sentiment de "déclassement social" ?

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