dimanche 7 octobre 2018

Trop de finance finit par étouffer la croissance

Une nouvelle étude estime que, de 1995 à 2015,  le Royaume-Uni a perdu 4 500 milliards de livres, l’équivalent de deux ans du produit intérieur brut (PIB) actuel à cause du poids excessif de la City. Soit 170 000 livres par foyer en moyenne. Pour l’auteur de The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer (« la malédiction de la finance »)Nicholas Shaxson, la finance est absolument nécessaire au développement économique, selon le journaliste. Mais son ouvrage vient vulgariser un concept ancien, redéveloppé depuis une dizaine d’années par un groupe d’économistes : trop de finance peut finir par étouffer la croissance.
Une étude met aussi au jour un autre phénomène : plus le secteur financier est important, plus les flux financiers se dirigent majoritairement vers des activités peu productives. « Au Royaume-Uni, seuls 3,5 % des prêts vont vers l’industrie », s’inquiète-t-il. L’immense majorité va vers l’immobilier et les actifs financiers, provoquant des bulles et une économie circulaire sans réelle valeur ajoutée. Les seuls bénéficiaires directs en sont les personnes qui travaillent dans le secteur financier lui-même : c’est un traditionnel phénomène de « rente », comme le documentaient déjà les économistes classiques.
Eric ALBERT, Le Monde, 5 octobre 2018

QUESTION : Pourquoi la rente est-elle néfaste à la croissance ?

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