mercredi 20 février 2019

L'espérance de vie des Français plafonne

Depuis quatre ans, le compteur est bloqué : 79,4 ans pour les hommes, 85,3 pour les femmes en 2018.  Après un gain de trente ans au XXe siècle, ce coup d’arrêt surprend. Environnement, alimentation, niveau de vie : la dégradation de ces facteurs pourrait-elle expliquer ce retournement ?
« Les Etats-Unis, champions du big data et de la quête de la vie éternelle, ont vu leur espérance de vie chuter pour des raisons bassement sociales. En France, il est encore trop tôt pour le dire mais ça ne me semble pas absurde de l’imaginer. Et l’enjeu n’est pas mince. Car l’espérance de vie, c’est un des indicateurs les moins discutés de nos sociétés modernes, contrairement au PIB ou au taux de chômage. Si ça flanche, il n’y a plus grand-chose à défendre. » selon Grégoire Rey, Directeur du CepiDC, le centre de l’Inserm qui produit les statistiques sur les causes de décès.
Evitons toutefois l’autoflagellation. Pour cela, rien de tel qu’interroger des observateurs étrangers. Chercheur à l’Institut Max-Planck, en Allemagne, Domantas Jasilionis rappelle que « la France reste un des leaders mondiaux de l’espérance de vie, largement devant la plupart des autres pays développés. Enfants, adultes, seniors : vous faites mieux que l’Allemagne à tous les âges. Mais passé 80 ou 90 ans, il faut une nouvelle révolution médicale pour continuer à progresser massivement. » Vaincre Alzheimer ou éliminer le cancer ? « On peut se focaliser sur les causes immédiates de la mort, celles que l’on voit sur les certificats de décès, soupire Jay Olshansky. Mais la cause de fond est ailleurs. En vérité, le corps humain n’a pas été dessiné pour vivre si longtemps. » Et si l’homme approchait simplement de ses limites ?
Nathaniel HERZBERG, Le Monde, 19 février 2019

QUESTION : Quelles sont les causes de l'évolution de l'espérance de vie ? 

mercredi 13 février 2019

La voiture électrique est-elle vraiment plus écologique ?

En matière de gaz à effet de serre, les études montrent que le véhicule 100 % électrique à batterie est la meilleure option pour l’automobile. Y compris en réalisant un calcul sur l’ensemble du cycle de vie, c’est-à-dire de la mine de lithium à l’usine de recyclage. Il faut toutefois nuancer ce résultat par le mode de production de l’électricité. Selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie de 2017, la quantité de COémis par un véhicule électrique en France en 2030 pourra varier du simple au double selon les choix énergétiques du pays (nucléaire, charbon, éolien…).
Mais il n’y a pas que le CO2. La batterie pose problème en tant qu’objet potentiellement polluant. Une étude de 2018 de l’Agence européenne de l’environnement a calculé l’indice global de toxicité pour les humains et pour les eaux douces de plusieurs automobiles en comparant véhicules électriques et voitures thermiques. Résultat choc : la différence en défaveur du véhicule à batterie atteint + 200 %.
Eric BEZIAT, Le véritable coût de la voiture électrique, Le Monde, 11 février 2019

QUESTION : Quel est le risque, après le "Dieselgate", d'un "Electricgate" ?

samedi 9 février 2019

Comment acheter un électeur ?


Une personne, une voix  : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias  : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés.
Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l’état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives –  souvent infructueuses, mais toujours instructives – de régulation des relations entre argent et politique. 


Aux États-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu’aux préférences des plus favorisés. En France, l’État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot.

En pleine assemblée, la démonstration implacable d'Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue au Congrès, pour dénoncer lobbies et conflits d’intérêts aux États-Unis.


Julia CAGÉ, Le prix de la démocratie, éditions Fayard, août 2018.

QUESTION : Quelles propositions pour retrouver la démocratie ? 

Le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l'égalité des chances

Branko Milanovic est surtout connu pour sa fameuse "courbe de l'éléphant", qui permet de visualiser clairement l'une des principales caractéristiques de la mondialisation des dernières décennies. Pour résumer : les personnes comprises entre les percentiles 70 et 90 de la répartition mondiale des revenus, c'est-à-dire grosso modo les classes populaires et moyennes des pays riches, ont été largement oubliées par la croissance mondiale des trente dernières années, qui a en revanche fortement bénéficié aux autres groupes, placés au-dessous et au-dessus d'elles, c'est-à-dire les ménages des pays pauvres et émergents (le dos de l'éléphant) et encore plus les ménages les plus riches des pays riches (le haut de la trompe). On constate, par exemple, qu'au cours de la période 1980-2016, les 1% les plus riches du monde ont capté 27% de la croissance mondiale totale du revenu, contre13% pour les 50% les plus pauvres. Autrement dit, le haut de la trompe concerne certes une faible part de la population, mais qui s'est approprié une part deux fois plus élevée que la part allant aux quelque 3,5 milliards de personnes formant la moitié la plus pauvre du monde.
Thomas PIKETTI, Préface du livre de Branko MILANOVIC, La Découverte, février 2019
Entretien avec Branko MILANOVIC sur France Inter dans "On n'arrête pas l'éco"  du 9/02/2019
et sur Arte dans "28 minutes" du 7 février 2019

QUESTION : Pourquoi les inégalités sont-elles dommageables ?

mercredi 6 février 2019

La Commission européenne rejette la fusion Alstom-Siemens

Les interdictions d'opérations de concentration par la Commission européenne sont statistiquement exceptionnelles : il y en a eu 27 depuis septembre 1990 pour un total de 7.260 opérations notifiées. Sur les 1.796 concentrations notifiées entre janvier 2014 et décembre 2018, seulement 3 ont été interdites, soit 0,2 %.
Ses principales préoccupations concernent les marchés de matériel roulant (locomotives, wagons, tramways...) et de signalisation. Elle considère que l'opération conduirait à l'émergence d'un leader incontesté sur plusieurs de ces marchés, de dimension mondiale, européenne, voire locale. Selon la Commission, les concurrents n'auraient pas été en mesure de contrebalancer le pouvoir de marché de Siemens-Alstom. Leur rapprochement aurait ainsi, selon elle, pu entraîner une hausse des prix, une diminution du choix et un recul de l'innovation.
Jean-Michel GRADT, Les Echos, 6 février 2019
QUESTION : Quel est le motif du refus de la Commission européenne ?

vendredi 1 février 2019

L'impact des mesures socio-fiscales en 2019

Les 10 milliards d’euros votés en catastrophe, fin 2018, pour tenter d’éteindre la colère des gilets jaunes n’ont, semble-t-il, pas manqué leur cible. Annulation de la hausse de CSG pour une partie des retraités, défiscalisation des heures supplémentaires, annulation des hausses de taxes sur les carburants, revalorisation et élargissement de la prime d’activité… Tout cela devrait rendre 0,7 point de pouvoir d’achat à ces «ménages moins aisés».
Mais même sans ces gestes supplémentaires pris par l’exécutif sous la pression, les classes moyennes auraient, selon l’OFCE (Office français des conjonctures économiques - Sciences Po), bénéficié dans leur grande majorité des mesures inscrites dans la loi de finances pour 2019 mais aussi de celles votées en 2018 et qui tourneront cette année à plein régime. «Les ménages du milieu de la distribution bénéficieront en priorité de la baisse de la taxe d’habitation, des cotisations salariées, de la CSG et de la défiscalisation des heures supplémentaires, une partie des ménages modestes verront en moyenne leur niveau de vie soutenu par la forte revalorisation de la prime d’activité́, la mise en place du zéro reste à charge et l’augmentation du chèque énergie», soulignent les trois économistes, Pierre Madec, Mathieu Plane et Raul Sampognaro.
Lilian ALEMAGNA, Libération, 29 janvier 2019
QUESTION : Que signifie "mesures sociales et fiscales" ?

dimanche 27 janvier 2019

Que trouve-t-on dans le vieux port de Marseille ?

Des bateaux… et beaucoup de déchets. Chaque automne, depuis 2016, l'opération "Vieux-Port propre" réunit des centaines de bénévoles pendant toute une journée afin de ramasser les rebuts qui encombrent les fonds.

De la canette d'aluminum à l'amphore, en passant par les scooters et les boules de pétanque. "Ce qui me désole, ce sont les canettes de bière. Il y a des cafetiers tout autour et on pourrait mettre en place un système de consigne", soupire René Heuzey, plongeur et cinéaste. La qualité de l'eau, malgré tout, serait bien meilleure que dans les années 1990. "Je voyais à peine le bout de ma main et il n’était pas rare de ressortir de l’eau avec une otite externe, c’était catastrophique", ajoute-t-il.
L'association MerTerre a transmis ses données à franceinfo, qui a réalisé une infographie exhaustive. Elle montre l'ampleur de la pollution marine à travers trois années de ramassage
Fabien MAGNENOU, France info, 23 janvier 2019
QUESTION : Quel est le rôle des associations dans la protection de l'environnement ?