mardi 11 décembre 2018

Qui sont les "gilets jaunes" ?

Un collectif de chercheurs présente, dans une tribune au « Monde », les premiers résultats d’une étude détaillée qui s’appuie sur 166 questionnaires distribués sur des ronds-points et lors de manifestations.

Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres.

S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir.
Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS
Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA
Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS
Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X
Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier
Tinette Schnatterer, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS, Le Monde, 11 décembre 2018

QUESTION : Pourquoi peut-on parler d'une surreprésentation des employés ?

samedi 8 décembre 2018

Un niveau de vie qui stagne, des inégalités qui augmentent

Depuis une dizaine d’années, le niveau de vie médian stagne en France autour de 1 700 euros, et pour une très grande partie de la population (des catégories populaires aux classes moyennes) les revenus n’ont pas progressé. Seuls les retraités et les professions intermédiaires et supérieures sont au-dessus de ce revenu médian.
En parallèle, les inégalités de revenus augmentent, avec principalement une envolée du niveau de vie des 10 % les plus riches de la population, qui gagnent 1 000 euros de plus par mois en vingt ans alors que les 10 % les plus pauvres ne gagnent eux que 100 euros de plus.
Les dépenses contraintes sont une part importante du budget des ménages, notamment pour les plus modestes (61 %, hors l’alimentation et transports). Elles expliquent le mécontentement dû aux hausses du prix des carburants.
Trop de taxes, des prélèvements injustes ou mal répartis, la fiscalité est mise en accusation par les « gilets jaunes ». Parmi les premières mesures du gouvernement d’Edouard Philippe pour mettre fin à la crise actuelle figurent la suspension provisoire de la hausse de la taxe carbone, celle de la convergence diesel-essence, et l’ouverture d’un large débat sur les impôts et les dépenses publiques.
Petites phrases, cynisme, mépris de classe… Une partie de la population française reproche à Emmanuel Macron ses sorties stigmatisant les plus fragiles.

10 graphiques de la colère, Le Monde, 5 décembre 2018

QUESTION : Comment se mesure le niveau de vie ?

jeudi 6 décembre 2018

La taxe carbone supprimée dans le budget 2019

"Le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le budget 2019 soit supprimée. Le débat citoyen et parlementaire des semaines et des mois à venir devra permettre de trouver les solutions et les financements qui répondront aux enjeux de la transition écologique, solutions qui devront préserver le pouvoir d'achat de nos concitoyens", a expliqué l'Elysée.
Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 1,6 % en 2017, coupant court à trois années de pause. 
Et 2018 s'annonce encore plus nocive pour le climat avec une hausse attendue de plus de 2 %, selon les données contenues dans le  « Global Carbon Budget 2108 », une organisation internationale de chercheurs spécialisée dans le comptage exhaustif des substances génératrices de gaz à effet de serre (GES)

Joël COSSARDEAUX, Les Echos, 5 décembre 2018


QUESTION : Quel est le principe de la taxe carbone ?

lundi 26 novembre 2018

Le revenu disponible des Français a baissé de 440 euros entre 2008 et 2016



Une perte qui avoisine les 160 euros pour les 5 % de foyers les plus modestes et 2 500 euros pour les 5 % les plus aisés.
La hausse des cotisations sociales et des impôts sur le revenu et le patrimoine ont coûté (en moyenne toujours) 750 euros,
La revalorisation des prestations familiales, des minima sociaux et des aides aux travailleurs pauvres en rapportait 250.
De fait, les 5 % de ménages les plus pauvres y ont gagné 450 euros, soit 3,9 % de revenu disponible en plus, quand les 5 % les plus riches y perdaient 5 640 euros, soit 5,1 % de revenu en moins. 
L’augmentation dans la population de la part des personnes seules et des familles monoparentales a représenté une baisse de 400 euros du revenu moyen. 
La hausse du chômage, l’augmentation du temps partiel et les changements dans la structure des catégories socioprofessionnelles, dont l’impact est également mesuré dans le « Portrait social ».
Elise BARTHET, Le Monde, 20 novembre 2018

QUESTION : Qu'est-ce que le revenu disponible ?

vendredi 16 novembre 2018

Au Royaume-Uni, la croissance s’est effondrée malgré la dépréciation de la livre

Depuis l’annonce de la victoire du « leave » au référendum du 23 juin 2016, la devise britannique a perdu entre 15 et 20 % de sa valeur par rapport à ses grands partenaires. En d’autres temps cela aurait pu donner un coup de fouet à l’économie. Durant la majeure partie du XXe siècle, la dévaluation compétitive a été l’arme suprême des gouvernements pour doper une économie fléchissante.
Dans des économies ouvertes, où la majorité des produits et des ressources est importée, toute chute de la monnaie se transmet immédiatement aux prix. Les étiquettes ont rapidement valsé à la hausse dans les magasins. Le pouvoir d’achat baisse, et donc la consommation, l’économie tout entière et l’emploi. La croissance au Royaume-Uni, l’une des plus solides en Europe, s’est effondrée de moitié depuis 2016.
« Dans les économies contemporaines, une dépréciation du change réduit la croissance », explique l’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, dans une note récente sur l’économie du Royaume-Uni.

Philippe ESCANDE, Le Monde Economie, 16 novembre 2018

QUESTION : Pourquoi la dévaluation compétitive n'est-elle plus efficace ?

vendredi 9 novembre 2018

Le couple contribue-t-il encore à réduire les inégalités ?

En vingt ans, les taux d’activité des femmes et des hommes se sont considérablement rapprochés. Cette avancée a logiquement contribué à diminuer les inégalités entre les deux sexes. Elle aurait dû dans le même temps réduire les inégalités entre ménages. Or il n’en a rien été.


France Stratégie, Note d'analyse, 8 novembre 2018

QUESTION : Comment expliquer cette évolution des inégalités ?

Quel est le poids des importations françaises sur la déforestation ?


La forêt, nous la mangeons, nous la buvons et la brûlons toujours davantage dans les moteurs de nos véhicules. Soja, huile de palme, cacao, bœuf et cuir, caoutchouc naturel, pâte à papier, bois : chaque année des millions d’hectares de forêts tropicales et de savane arborée sont défrichés pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation de la Chine et à celles, bien établies, des pays développés. Cette mise à nu a lieu pour l’essentiel loin des yeux des consommateurs, dans d’autres continents que les leurs. Elle est due presque aux trois quarts à l’agriculture.



Martine VALO, Le Monde, 8 novembre 2018

QUESTION : Qu'est-ce que l'empreinte écologique ?