vendredi 19 octobre 2018

CumCum et CumEx : les banques à l'index

« Le Monde » et ses partenaires révèlent un nouveau scandale de la finance autour des dividendes. Pour les empocher sans être taxés par l’Etat, certains actionnaires n’hésitent pas à transférer leurs actions vers l’étranger. C’est ce que l’on appelle, dans le milieu de la finance, le « CumCum », de la locution latine qui veut dire « avec ». Pire, avec la technique du « CumEx », (« avec » et « sans »), des actionnaires peuvent se faire rembourser par l’Etat des taxes qu’ils n’ont en réalité jamais payées. Ces stratagèmes ont été particulièrement utilisés pendant la crise financière, c’est-à-dire à une époque où l’argent du contribuable servait, déjà, à renflouer les banques. Ils auraient coûté 7,2 milliards d’euros à l’Etat allemand, et continueraient de faire perdre 3 milliards par an au fisc français. 

CumEx Files, Le Monde, 18 octobre 2018

QUESTION : Qu'est-ce que l'optimisation fiscale ?

vendredi 12 octobre 2018

L'effet des réformes budgétaires 2018-2019

Une étude de l'IPP (Institut des politiques publiques) montre que les effets cumulés des réformes 2018 et 2019 mèneront à une perte de « revenu disponible » pour les 20 % de Français les plus modestes (recul de l’ordre de – 0,5 % à – 1%). Pour les 60 % de ménages « intermédiaires », il y aura un gain, jusqu’à près de 1 %. Le manque à gagner le plus important est enregistré par les 20 % les plus aisés (près de – 1 %), à l’exception notable des 1 % de ménages "ultrariches".
Pourtant, sur l’ensemble de la population, les effets des réformes Macron sur le pouvoir d’achat devraient être positifs de 1,2 milliard d’euros en 2019, expliquent les chercheurs de l’IPP à partir des chiffres contenus dans le PLF. En effet, au total, la baisse des prélèvements obligatoires (taxe d’habitation, « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital…) sera plus importante que le recul des prestations sociales. 
Audrey TONNELIER, Le Monde, 12 octobre 2018

QUESTION : Qui sont les gagnants et les perdants de ces réformes ?

lundi 8 octobre 2018

Le « Nobel » d’économie 2018 récompense des travaux sur le changement climatique

Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, plus connu sous le nom de « prix Nobel d’économie », a été décerné aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.

Il récompense leurs travaux sur la compatibilité entre les impératifs d’innovation et de lutte contre le réchauffement climatique et la croissance économique. Les deux lauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps: conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la population de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences.
The Royal Swedish Academy, The Nobel Prize, 8 octobre 2018

QUESTION : A quelle conception de l'économie de l'environnement se rattachent les travaux de William Nordhaus et Paul  Romer ?

Le rapport du GIEC sur le changement climatique

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat rend publique ce lundi sa première étude sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales. Cette limite que 197 Etats s’étaient engagés à respecter fin 2015, lors de la COP 21, aura tout de même de graves conséquences sur la planète.Dans un monde à + 1,5 °C, le changement climatique affectera tous les territoires, peu importe leur niveau de développement, mais spécialement les plus pauvres. Par ailleurs, déjà plus d’un quart de la population mondiale vit dans des régions où le thermomètre dépasse de 1,5 °C la température moyenne au moins une saison par an. L’hémisphère Nord souffrira le plus de la multiplication et l’intensification des vagues de chaleur. «Nous sommes face à un risque de voir le sud de l’Europe basculer dans une désertification d’ici à la fin du siècle, souligne Pierre Cannet, de l’ONG WWF. Le précédent rapport du Giec, publié en 2014, était déjà clair sur le fait qu’atteindre + 2 °C est un point de non-retour.» Les risques d’inondation et de sécheresse seraient aussi renforcés, touchant principalement l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Les cyclones tropicaux deviendraient plus violents.
Le retard dans la transformation sociétale entraîne déjà des effets irréversibles pour certaines parties de la Terre. Et la situation sera bien pire si on atteint + 2 °C de hausse des températures. «Chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire porte en lui un risque mortel», interpelle Emilie Both, porte-parole d’Oxfam France.
Aude MASSIOT, Libération, 8 octobre 2018
QUESTION : Qu'est-ce que le GIEC ?

dimanche 7 octobre 2018

Trop de finance finit par étouffer la croissance

Une nouvelle étude estime que, de 1995 à 2015,  le Royaume-Uni a perdu 4 500 milliards de livres, l’équivalent de deux ans du produit intérieur brut (PIB) actuel à cause du poids excessif de la City. Soit 170 000 livres par foyer en moyenne. Pour l’auteur de The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer (« la malédiction de la finance »)Nicholas Shaxson, la finance est absolument nécessaire au développement économique, selon le journaliste. Mais son ouvrage vient vulgariser un concept ancien, redéveloppé depuis une dizaine d’années par un groupe d’économistes : trop de finance peut finir par étouffer la croissance.
Une étude met aussi au jour un autre phénomène : plus le secteur financier est important, plus les flux financiers se dirigent majoritairement vers des activités peu productives. « Au Royaume-Uni, seuls 3,5 % des prêts vont vers l’industrie », s’inquiète-t-il. L’immense majorité va vers l’immobilier et les actifs financiers, provoquant des bulles et une économie circulaire sans réelle valeur ajoutée. Les seuls bénéficiaires directs en sont les personnes qui travaillent dans le secteur financier lui-même : c’est un traditionnel phénomène de « rente », comme le documentaient déjà les économistes classiques.
Eric ALBERT, Le Monde, 5 octobre 2018

QUESTION : Pourquoi la rente est-elle néfaste à la croissance ?

samedi 6 octobre 2018

Faire des études contribue-t-il au bien-être ?


En croisant plusieurs sources de données françaises, le Cepremap* met en évidence une relation claire entre niveau de diplôme et bien-être, que ce dernier s’exprime par la satisfaction de vie ou la confiance envers les autres.

L’augmentation de la satisfaction de vie avec le niveau du diplôme transite largement par un effet de revenu : un diplôme plus élevé permet de mieux gagner sa vie, ce qui augmente la satisfaction de vie.
Par contraste, le fait que les plus diplômés soient plus enclins à faire confiance aux autres ou à avoir confiance en l’avenir ne semble pas lié à leurs revenus : à revenus égaux  les plus diplômés sont plus confiants et optimistes que les moins diplômés .
* Centre pour la recherche économique et ses applications

Cepremap, Revenu, confiance et bien-être, 5 octobre 2018


QUESTION : Pourquoi le diplôme est-il facteur de bien-être ?

jeudi 27 septembre 2018

L'emploi ne disparaît pas, il se polarise

Fondé sur une enquête menée auprès de grandes entreprises souvent multinationales, un rapport du World Economic Forum estime que « 75 millions d'emplois pourraient être déplacés par un changement de la division du travail entre hommes et machines, tandis que 133 millions de nouveaux postes pourraient émerger, plus adaptés à la nouvelle répartition du travail entre êtres humains, machines et algorithmes ». Si ce n'est qu'un ordre de grandeur, le message est néanmoins essentiel. Comme au cours des siècles précédents,  le changement pourrait finalement créer davantage d'emplois qu'il n'en détruira.
Mais ce rééquilibrage va se traduire par un plus grand nombre d'heures de travail assurées par les machines : la part effectuée par les humains devrait passer de 71 % aujourd'hui à 48 % en 2025, avec une instabilité croissante des compétences. Car il y a une certitude dans cette histoire : les emplois de demain ne seront pas ceux d'hier. Selon le rapport du WEF, qui ne fait pas preuve en la matière d'une grande originalité, il faudra de plus en plus d'experts en mégadonnées (« data scientists »), de spécialistes en intelligence artificielle, de professionnels du marketing, et de moins en moins d'opérateurs de saisie, de comptables, de secrétaires.
Jean-Marc VITTORI, Les Echos, 25 septembre 2018
QUESTION : Quel est le mécanisme économique explicité par ces études ?